L’essentiel en 30 secondes
- Votre PER se débloque à la liquidation de votre pension de retraite, ou à l’âge légal s’il est atteint avant : 62 ans et 9 mois pour les assurés nés de 1963 à mars 1965, depuis la suspension de la réforme des retraites.
- Rien ne vous oblige à sortir : l’épargne reste investie, et vous retirez quand vous voulez.
- Vos versements volontaires et votre épargne salariale sortent en capital, en rente ou les deux ; les cotisations obligatoires d’un PER d’entreprise, seulement en rente, sauf rente de 110 € par mois au plus.
- En capital, vos versements déduits sont imposés au barème sans abattement, les gains à 31,4 %. Si vous retirez tout en une fois, demandez le système du quotient : dans notre exemple, il ramène l’impôt sur le revenu de 38 326 € à 16 832 €.
- Ouvrir un PER à la retraite est permis, avec des versements déductibles jusqu’à 70 ans : l’intérêt tient à l’écart entre votre tranche au versement et votre tranche au retrait.
Quand pouvez-vous sortir de votre PER ?
L’article L224-1 du code monétaire et financier fixe l’échéance du PER : vos droits sont payables au plus tôt à la date où vous liquidez votre pension dans un régime obligatoire, ou à l’âge légal de départ à la retraite. La première des deux dates suffit. Si vous partez avant l’âge légal, au titre d’une carrière longue par exemple, votre PER se débloque le jour où votre pension est liquidée.
L’âge légal est celui de l’article L161-17-2 du code de la sécurité sociale. La loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 a suspendu la réforme de 2023 : l’âge est gelé à 62 ans et 9 mois pour les assurés nés entre le 1er janvier 1963 et le 31 mars 1965, puis il remonte d’un trimestre par génération jusqu’à 64 ans. Ces âges valent pour les pensions qui prennent effet à partir du 1er septembre 2026.
| Vous êtes né | Âge légal | Vous l’atteignez |
|---|---|---|
| du 1er janvier 1963 au 31 mars 1965 | 62 ans et 9 mois | d’octobre 2025 à décembre 2027 |
| d’avril à décembre 1965 | 63 ans | d’avril à décembre 2028 |
| en 1966 | 63 ans et 3 mois | d’avril 2029 à mars 2030 |
| en 1967 | 63 ans et 6 mois | de juillet 2030 à juin 2031 |
| en 1968 | 63 ans et 9 mois | d’octobre 2031 à septembre 2032 |
| à partir de 1969 | 64 ans | à partir de janvier 2033 |
En 2026, ce sont donc les assurés nés entre avril 1963 et mars 1964 qui atteignent l’âge légal ; en 2027, ceux nés entre avril 1964 et mars 1965. Avant cette date, seuls les cas prévus par la loi, achat de la résidence principale ou accident de la vie, permettent de sortir : notre guide pour débloquer un PER les détaille.
Une fois l’échéance passée, rien ne presse. Aucun texte ne vous impose de liquider votre PER : tant que vous ne demandez rien, l’épargne reste investie. En gestion à horizon, la sécurisation suit la date de liquidation que vous avez indiquée, et vous pouvez la modifier à tout moment (article D224-3) : pensez-y si vous repoussez votre sortie. Deux nuances : le contrat devenu rachetable entre dans l’assiette de l’IFI pour ses unités de compte immobilières, et un PER transmis après un décès survenu après 70 ans est moins bien traité qu’une assurance vie.
La sortie se fait en cinq temps, et c’est au dernier, la déclaration, que se joue l’impôt
De la sécurisation de l’épargne au paiement de l’impôt : rien n’est automatique, et la ligne 0XX de la déclaration peut diviser l’impôt sur un retrait en une fois par plus de deux.
À retenir : vous n’êtes pas obligé de liquider à l’âge légal. Mais l’année où vous retirez votre capital en une fois, ne laissez pas la somme en case 1AI : reportez-la ligne 0XX de la déclaration 2042 C pour obtenir le quotient.
Source articles L224-1, L224-5 et D224-3 du code monétaire et financier ; article L161-17-2 du code de la sécurité sociale (loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025) ; brochure pratique de l’impôt sur le revenu 2026.Lecture le délai de deux mois est celui de l’article L132-21 du code des assurances pour les rachats, appliqué en pratique par les assureurs ; aucun texte ne fixe de délai propre au PER.
Capital, rente ou les deux : les règles de chaque compartiment
Votre PER range l’épargne en trois compartiments selon son origine, et chacun a ses règles de sortie (article L224-5 du code monétaire et financier). Les versements volontaires et l’épargne salariale, c’est-à-dire l’intéressement, la participation et l’abondement, sortent à votre choix en capital, libéré en une fois ou de manière fractionnée, en rente viagère, ou les deux. Les cotisations obligatoires d’un PER d’entreprise ne sortent qu’en rente.
Deux exceptions comptent. Si vous avez opté, à l’ouverture du plan, « expressément et irrévocablement » pour la rente, vous ne pourrez plus prendre de capital sur cette part. À l’inverse, une petite rente se rachète : si elle ne dépasse pas 110 € par mois, l’assureur peut, avec votre accord, vous verser un capital à la place (article A160-2 du code des assurances). C’est la seule sortie en capital possible pour les cotisations obligatoires, la même règle que pour un ancien contrat Madelin ; notre guide du PER d’entreprise détaille ce compartiment.
C’est l’origine de l’argent, pas le contrat, qui décide de la forme de sortie et de l’impôt
Ce que chaque compartiment permet à la retraite, et comment l’impôt s’applique en capital et en rente en 2026.
| Compartiment | À la retraite : forme de sortie et impôt |
|---|---|
| Versements volontaires déduits | Capital, rente ou les deux, en une ou plusieurs fois Capital : versements au barème, sans abattement ; gains à 31,4 % Rente : comme une pension, après l’abattement de 10 % ; 18,6 % de prélèvements sociaux sur une fraction |
| Versements volontaires non déduits et versements faits à partir de 70 ans depuis 2026 | Capital, rente ou les deux, en une ou plusieurs fois Capital : versements exonérés d’impôt sur le revenu ; gains à 31,4 % Rente : fraction de 30 à 70 % selon l’âge, au barème et à 18,6 % |
| Épargne salariale intéressement, participation, abondement | Capital, rente ou les deux Capital : exonéré d’impôt sur le revenu ; 18,6 % de prélèvements sociaux sur les gains Rente : fraction de 30 à 70 % selon l’âge |
| Cotisations obligatoires PER d’entreprise obligatoire, ancien article 83 | Rente seulement, capital si elle ne dépasse pas 110 € par mois Capital de cette petite rente : barème sans abattement, gains à 31,4 % Rente : comme une pension, après l’abattement de 10 %, avec les prélèvements sociaux des pensions |
À retenir : avant de choisir, demandez à votre assureur la répartition de votre épargne entre compartiments, et entre versements et gains. C’est elle qui fixe l’impôt ; l’épargne salariale ressort en capital sans impôt sur le revenu.
Source article L224-5 du code monétaire et financier ; articles 81 et 158 (5-a, 5-b quinquies et 6) du code général des impôts ; article A160-2 du code des assurances ; BOFiP BOI-RSA-PENS-30-10-20 du 10 août 2026.Lecture 31,4 % = 12,8 % d’impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux ; la fraction imposable d’une rente dépend de votre âge au premier versement, 40 % entre 60 et 69 ans.
Imposition de la sortie en capital : ce que vous paierez vraiment
En capital, l’administration coupe chaque retrait en deux : la part qui correspond à vos versements, et celle qui correspond aux gains. Le partage est proportionnel : si les gains représentent un quart de votre épargne, chaque retrait contient un quart de gains (BOFiP BOI-RSA-PENS-30-10-20, § 150). Le détail de la déduction à l’entrée, lui, est dans notre guide de la fiscalité du PER.
Vos versements déduits : au barème, sans abattement
La part de vos versements déduits s’ajoute à vos revenus de l’année, dans la catégorie des pensions mais sans l’abattement de 10 % (article 158, 5-b quinquies du code général des impôts). Elle ne supporte pas de prélèvements sociaux. Les versements que vous n’avez pas déduits, sur option, et ceux faits à partir de 70 ans depuis le 1er janvier 2026, ressortent exonérés d’impôt sur le revenu.
Un versement qui a dépassé votre plafond de déduction n’est pas pour autant un versement « non déduit ». À notre lecture du BOFiP (BOI-RSA-PENS-30-10-20, § 110), sans l’option de non-déduction exercée au moment du versement, il est imposé à la sortie comme un versement déduit, au barème. Si vous versez au-delà de votre plafond, demandez l’option à votre assureur pour ce versement-là.
Les gains : 31,4 %, ou le barème sur option
La part des gains est soumise au prélèvement forfaitaire unique : 12,8 % d’impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux, soit 31,4 % depuis le 1er janvier 2026. L’assureur retient l’acompte de 12,8 % et les prélèvements sociaux au moment du versement ; le compte définitif se fait sur votre déclaration. Sur option globale, ces gains passent au barème : utile si votre tranche est à 0 ou 11 %, mais l’option vaut alors pour tous vos revenus de placement de l’année.
Le système du quotient : la règle qui change la sortie en une fois
Pour l’administration fiscale, le capital tiré d’un PER est un revenu exceptionnel, éligible au système du quotient quel que soit son montant, pour sa part imposée au barème (BOFiP BOI-RSA-PENS-30-10-20, § 10 et § 100). Le mécanisme, fixé par l’article 163-0 A du code général des impôts, est simple : on ajoute à vos revenus le quart seulement de la somme, on calcule l’impôt supplémentaire que provoque ce quart, puis on le multiplie par quatre. La somme ne monte ainsi dans les tranches que pour un quart de son montant.
Le quotient ne se déclenche pas tout seul : vous le demandez sur votre déclaration, ligne 0XX de la 2042 C. Il a une limite pour la sortie fractionnée : un retrait n’est plus un revenu exceptionnel si vous avez reçu un versement de même nature au cours des trois années précédentes (§ 160). À notre lecture, seul le premier retrait d’une série annuelle peut donc en bénéficier.
Exemple : 200 000 € retirés en une fois ou en cinq ans
Reprenons le couple de notre guide de la fiscalité du PER : deux parts de quotient familial, 25 000 € de pensions par an, soit 22 500 € de revenu net imposable après l’abattement de 10 %. Son PER vaut 200 000 € : 150 000 € de versements, tous déduits, et 50 000 € de gains. Calculs au barème 2026 de l’impôt sur le revenu, hors décote.
- En une fois, sans le quotient : son revenu imposable passe à 172 500 €, et une partie de la somme est taxée à 41 %. Impôt sur le revenu : 38 326 €.
- En une fois, avec le quotient : seul le quart, 37 500 €, s’ajoute à son revenu ; l’impôt supplémentaire, 4 208 €, est multiplié par quatre. Impôt : 16 832 €, et la tranche la plus haute touchée est celle à 30 %.
- En cinq retraits de 40 000 €, dont 30 000 € de versements : chaque année, son revenu imposable reste à 52 500 €, dans la tranche à 11 %. Impôt : 2 992 € la première année, avec le quotient, puis 3 223 € les quatre suivantes, soit 15 884 €.
Dans les trois cas, les 50 000 € de gains paient 31,4 %, soit 15 700 € : 6 400 € d’impôt et 9 300 € de prélèvements sociaux. Au total, le couple paie 54 026 € en une fois sans le quotient, 32 532 € avec, et 31 584 € en cinq fois. Il garde respectivement 145 974 €, 167 468 € et 168 416 €. Oublier de demander le quotient lui coûterait 21 494 € d’impôt.
Avec le quotient, tout retirer d’un coup ne coûte que 948 € de plus que fractionner sur cinq ans
Impôt et prélèvements sur 200 000 € de PER, dont 150 000 € de versements déduits, pour un couple à 25 000 € de pensions. Sans le quotient, la sortie en une fois coûte 22 442 € de plus.
À retenir : si vous pouvez attendre, fractionnez ; si vous avez besoin de tout le capital, retirez-le en une fois et demandez le quotient. Oublier la ligne 0XX coûte ici 21 494 €.
Source barème 2026 de l’impôt sur le revenu (article 197 du code général des impôts), article 163-0 A, BOFiP BOI-RSA-PENS-30-10-20 du 10 août 2026 ; prélèvements sociaux de 18,6 % depuis le 1er janvier 2026.Lecture hors décote ; l’épargne non retirée est supposée ne rien rapporter pendant les cinq ans ; quotient appliqué au premier des cinq retraits. Tranche : la plus haute atteinte par la somme, ou par son quart avec le quotient.
Une précision avant de choisir : à notre lecture des textes, votre revenu fiscal de référence augmente, l’année de chaque retrait, du montant retiré, quotient ou pas. Il sert à fixer le taux de CSG de vos pensions et l’accès à certaines aides : vérifiez l’effet avant de tout retirer d’un coup comme avant d’étaler.
En pratique, la loi permet un capital libéré « en une fois ou de manière fractionnée » (article L224-5). Le fractionnement prend la forme de demandes de retrait successives, au rythme que vous choisissez ; certains contrats proposent des retraits programmés. Vérifiez dans la notice le montant minimal d’un retrait et l’épargne minimale à laisser sur le contrat.
Pendant les années de retrait, l’épargne qui reste investie paie ses frais de gestion. Si votre retraite est encore à quelques années, un contrat peu chargé compte donc jusqu’au bout : le PER Linxea Spirit prélève 0,50 % par an en gestion libre et sert un fonds euros à 3,08 % en 2025, utile pour sécuriser la part que vous retirerez en premier.
Linxea Spirit PER, assuré par Spirica : 0,50 % de frais de gestion, 1 160 supports, minimum ramené à 50 € en cas de transfert, selon Linxea ; 200 € offerts sur le contrat pour un premier versement de 4 000 €, dont 30 % en unités de compte en gestion libre (code PER26SPIRIT, jusqu’au 26 décembre 2026, premier contrat retraite chez Linxea).
Ouvrir un PER Linxea Spirit →Simulateur : combien vous restera-t-il après impôt ?
Indiquez votre épargne, sa composition, vos autres revenus et le nombre d’années de retrait. Le simulateur calcule l’impôt au barème réel, tranche par tranche, pour une sortie en une fois, avec ou sans le quotient, et pour une sortie étalée. Ses réglages par défaut reproduisent l’exemple ci-dessus.
Hypothèses : barème 2026 de l’impôt sur le revenu (revenus 2025), sans décote, réduction d’impôt ni plafonnement du quotient familial ; vos autres revenus restent les mêmes chaque année ; l’épargne non retirée ne rapporte rien pendant l’étalement et chaque retrait contient la même part de gains ; gains au prélèvement forfaitaire de 31,4 % ; quotient appliqué au retrait en une fois et, à notre lecture du BOFiP, au premier retrait étalé.
En une fois, sans quotient
…
En une fois, avec le quotient
…
Étalé sur 5 ans
…
…
Avec les réglages par défaut, vous retrouvez l’exemple : 145 974 € nets en une fois sans le quotient, 167 468 € avec, et 168 416 € en cinq ans, soit 948 € de plus qu’avec le quotient et 22 442 € de plus que sans. Le résultat s’inverse parfois : sur deux ans et pour une grosse somme, chaque retrait annuel peut monter plus haut dans le barème que le quart retenu par le quotient. Le simulateur ne remplace pas le calcul de l’administration : décote et réductions d’impôt n’y figurent pas.
La sortie en rente : calcul, options et fiscalité
Comment l’assureur calcule votre rente
La rente viagère convertit votre capital en un revenu versé jusqu’à votre décès. Son montant dépend de quatre éléments : le capital converti, votre âge à la conversion, la table de mortalité, qui mesure votre espérance de vie, et le taux technique, le rendement que l’assureur s’engage à vous reverser d’avance. Le tarif inclut aussi sa rémunération (article A132-18 du code des assurances). Plus vous liquidez tard, plus la rente est élevée, puisqu’elle sera versée moins longtemps.
Les tables réglementaires sont établies par sexe ; un assureur qui applique une table unique à tous doit retenir celle qui conduit au tarif le plus prudent. Comme l’espérance de vie progresse, une table plus récente donne une rente plus basse pour le même capital : d’où l’intérêt d’un contrat qui garantit sa table à l’avance. Aucun barème public ne permet de chiffrer votre rente à votre place. Demandez une estimation à votre assureur, et à un ou deux autres avant de liquider.
Les options : réversion, annuités garanties, paliers
Tout PER doit vous proposer une option de réversion : à votre décès, la rente continue d’être versée, en tout ou partie, à la personne que vous avez désignée (article L224-1 du code monétaire et financier). Les contrats proposent souvent aussi des annuités garanties, qui assurent le versement pendant une durée minimale même en cas de décès précoce, et des rentes par paliers, plus fortes les premières années puis réduites, ou l’inverse. Chaque option réduit le montant de départ : c’est le prix de la garantie.
Le choix est définitif. Une rente en cours de versement ne se transfère plus vers un autre PER, et elle ne se rachète que si elle ne dépasse pas 110 € par mois.
L’impôt sur la rente
Issue de versements déduits, la rente est imposée comme une pension : abattement de 10 %, plafonné à 4 439 € par foyer pour l’ensemble de vos pensions et au minimum de 454 € par retraité, puis barème. S’y ajoutent 18,6 % de prélèvements sociaux, sur une fraction de la rente seulement, fixée par votre âge au premier versement. Le projet de loi de finances pour 2027, déposé le 1er octobre 2026 et pas encore voté, propose de ramener ce plafond d’abattement à 3 000 € pour les pensions de retraite : cette rente serait concernée.
Issue de versements non déduits ou d’épargne salariale, la rente suit le régime des rentes viagères à titre onéreux : seule une fraction est imposable, 70 % avant 50 ans, 50 % de 50 à 59 ans, 40 % de 60 à 69 ans et 30 % à partir de 70 ans (article 158, 6 du code général des impôts). La rente des cotisations obligatoires est imposée comme une pension, avec les prélèvements sociaux des pensions, dont le taux dépend de votre revenu fiscal de référence.
Exemple : 6 000 € de rente par an, liquidée à 64 ans. Issue de versements déduits, elle supporte 446,40 € de prélèvements sociaux, 18,6 % sur 40 % de la rente, et si le plafond d’abattement de votre foyer n’est pas atteint, 5 400 € s’ajoutent à vos revenus imposables : 594 € d’impôt dans la tranche à 11 %. Il vous reste 4 959,60 €. Issue de versements non déduits, seuls 2 400 € sont imposables : 264 € d’impôt et les mêmes 446,40 € de prélèvements, soit 5 289,60 € nets.
Ce que les PER que nous suivons prélèvent sur la rente
L’impôt n’est pas le seul prélèvement. Chaque contrat fixe ses frais une fois l’épargne convertie en rente, et la table de mortalité qui la calcule. Voici ce que prévoient les conditions générales des PER que nous suivons.
| PER | Frais sur la rente | Table de mortalité |
|---|---|---|
| Linxea Spirit PER, Meilleurtaux Liberté PER, Yomoni Retraite+ Spirica | 0 % sur les arrérages, mais jusqu’à 2 %/an sur l’encours de la rente | celle du jour de la conversion |
| Linxea Suravenir PER | 0 % sur les arrérages, 0,80 %/an sur l’encours | celle de la date d’effet de la rente |
| Linxea Apicil PER | 1,50 % à la conversion, puis 0,75 %/an | celle de la liquidation |
| e-PER Generali | 0 % sur les arrérages, 0,60 %/an au plus sur le fonds euros | celle de la liquidation |
| Titres@PER | 3 % de chaque arrérage | garantie au jour du transfert pour l’épargne transférée |
| PER Goodvest | 0 % sur les versements de rente | notice non publiée |
| PER Mon Petit Placement | 3 % à la conversion, puis 1 %/an | celle du jour de la conversion |
| PER Green-Got | 1 % sur la sortie en rente | non précisée |
Source : conditions générales et notices, CG9403, CG9402 et CG9410 de Spirica, notice Suravenir 5257-4, conditions générales Apicil de juillet 2026, notice de l’e-PER, notice Titres@PER 14080, tableau standardisé de Goodvest, dossier d’adhésion LFM PER’FORM, FAQ de Green-Got, relevé du 6 octobre 2026. Les arrérages sont les versements de la rente ; l’encours est l’épargne qui reste à servir.
Si la rente est votre objectif et que votre retraite est encore à quelques années, deux contrats se détachent. Titres@PER est le seul dont les conditions publiées garantissent la table de mortalité : celle du jour du transfert pour l’épargne transférée, celle du jour de l’adhésion pour vos versements déductibles suivants. Il prélève en échange 3 % de chaque arrérage. L’e-PER Generali ne prend rien sur les arrérages et au plus 0,60 % par an sur le fonds euros pendant la rente, mais il est fermé aux retraités, selon Altaprofits : il faut y entrer avant de partir.
Titres@PER, assuré par Swiss Life : table de mortalité garantie, au jour du transfert pour l’épargne transférée, 150 actions en direct, dès 100 € plus 25 € d’adhésion, avant 80 ans selon Altaprofits ; pas d’offre en cours. e-PER Generali : bonus de 1,30 % en 2026 et 2027 sur la part versée sur le fonds euros, transferts externes compris, avec 30 % d’unités de compte au moins, jusqu’au 31 décembre 2026.
Ouvrir un Titres@PER → Ouvrir un e-PER Generali →Demander la sortie, puis la déclarer
La demande à votre assureur
La sortie ne se déclenche pas toute seule : vous la demandez à l’organisme qui gère votre PER, par courrier ou depuis votre espace client. Service-public.fr cite une pièce d’identité et un RIB ; si vous partez avant l’âge légal, joignez aussi la notification de votre pension, qui prouve la liquidation. Indiquez pour chaque compartiment la forme voulue, capital, rente ou les deux, et pour le capital le montant à retirer.
Aucun texte ne fixe de délai propre au PER : les assureurs appliquent en pratique les deux mois prévus pour les rachats par l’article L132-21 du code des assurances. Pour une rente, ajoutez le temps de l’estimation et de votre accord sur les options. Vous avez oublié un ancien contrat ? Le service en ligne de l’Union Retraite, sur info-retraite.fr, recense les produits d’épargne retraite souscrits au cours de votre vie (article L224-7-1 du code monétaire et financier).
La déclaration de revenus, l’année suivante
Les montants vous sont communiqués par l’assureur et le plus souvent pré-remplis. Vérifiez qu’ils sont rangés dans la bonne case :
| Ce que vous avez reçu | Où le déclarer | Imposition |
|---|---|---|
| Capital : part des versements déduits | case 1AI (1BI pour le second déclarant) | barème, sans abattement de 10 % |
| La même part, si vous demandez le quotient | ligne 0XX de la 2042 C, à la place de la case 1AI | quart ajouté au revenu, supplément d’impôt multiplié par quatre |
| Capital : part des gains | case 2TZ | 12,8 %, déjà retenus en acompte, ou barème sur option |
| Rente de versements déduits ou de cotisations obligatoires | case 1AS (1BS) | comme une pension, après l’abattement de 10 % |
| Rente de versements non déduits ou d’épargne salariale | cases 1AW à 1DW, selon votre âge au premier versement | fraction de 30 à 70 % de la rente |
Les prélèvements sociaux, eux, sont retenus par l’assureur au moment du versement. Source : brochure pratique de l’impôt sur le revenu 2026, chapitres pensions, revenus de capitaux mobiliers et revenus exceptionnels.
Ouvrir un PER à la retraite, ou juste avant
C’est permis : la loi ne fixe aucune limite d’âge pour ouvrir un PER ou y verser. Une fois votre retraite liquidée, vos versements sont même disponibles immédiatement et récupérables à tout moment, précise service-public.fr. Ils restent déductibles jusqu’à la veille de vos 70 ans : depuis le 1er janvier 2026, un versement fait à partir de 70 ans ne se déduit plus, mais il ressort exonéré d’impôt sur le revenu.
Pourquoi le faire : votre dernière année d’activité
L’intérêt tient à un décalage. Votre plafond de déduction se calcule sur vos revenus professionnels de l’année précédente : l’année de votre départ, il reflète encore votre salaire, et vous déduisez dans votre tranche d’actif. Une fois retraité, vous retirez la somme quand votre tranche a baissé, en une ou plusieurs fois.
Exemple : un salarié qui a déclaré 60 000 € de revenus professionnels nets en 2025 dispose d’un plafond de 6 000 € en 2026, sa dernière année d’activité. Versés en 2026 et entièrement déduits dans la tranche à 30 %, ces 6 000 € lui font économiser 1 800 € d’impôt. Retraité en 2027, il les retire dans la tranche à 11 % : 660 € d’impôt. Gain : 1 140 €, moins les frais du contrat, et davantage s’il utilise aussi ses plafonds non utilisés des années précédentes.
Une fois retraité : 4 710 € par an, plus les reports
Sans revenu professionnel, votre plafond est le plancher : 10 % du plafond de la Sécurité sociale de l’année précédente, soit 4 710 € en 2026, le double pour un couple qui mutualise ses plafonds. S’y ajoutent les plafonds non utilisés des années précédentes, inscrits sur votre avis d’imposition : trois ans pour ceux de 2023 à 2025, cinq ans pour ceux constitués à partir de 2026. Le calcul complet est dans notre guide du plafond PER 2026.
La mécanique ne rapporte que si votre tranche baisse entre le versement et le retrait. Déduire à 30 % pour ressortir à 30 % ne fait gagner que le rendement, que les frais grignotent. Et passé 70 ans, un PER transmet moins bien qu’une assurance vie : notre comparatif PER ou assurance vie détaille l’écart.
Quels PER acceptent les retraités
Tous ne vous accueilleront pas. Parmi les dix PER que nous suivons, selon leurs conditions et les pages des distributeurs relevées le 6 octobre 2026, le Meilleurtaux Liberté PER accepte les retraités jusqu’à 75 ans et Titres@PER les adhésions avant 80 ans, selon Altaprofits ; le Linxea Suravenir PER admet les retraités en cas de transfert. Le Linxea Apicil PER est fermé aux retraités, comme l’e-PER Generali selon Altaprofits, le PER Goodvest aux retraités sans activité, et le PER Green-Got n’accepte plus d’adhésion après 70 ans. Pour les autres, posez la question au distributeur avant de verser.
Le transfert, lui, devient gratuit : les frais de transfert d’un PER sont nuls lorsqu’il intervient à partir de l’âge légal ou de la liquidation de votre retraite (article L224-6 du code monétaire et financier). Si votre contrat est cher, ou s’il prélève lourdement sur la rente, en changer avant de liquider ne vous coûte rien chez l’ancien assureur, à condition que le nouveau accepte les retraités. Les règles de transfert d’un ancien PERP ou d’un PERCO ont leurs propres guides.
Meilleurtaux Liberté PER, assuré par Spirica : retraités acceptés jusqu’à 75 ans ; 200 € offerts sur le fonds euros dès 5 000 € versés, avec 30 % d’unités de compte ou en gestion Pilot (code HIVERPER, jusqu’au 23 décembre 2026, nouveaux clients). Suravenir PER : retraités admis par transfert ; 100 € versés sur votre compte bancaire pour un premier versement de 2 000 €, en gestion à horizon ou en gestion libre avec 30 % d’unités de compte (code PER26SURAVENIR, jusqu’au 26 décembre 2026, premier PER individuel chez Linxea).
Ouvrir un Meilleurtaux Liberté PER → Ouvrir un Suravenir PER →Pour une vue d’ensemble, notre classement des meilleurs PER 2026 compare les principaux contrats, et notre comparateur de PER les classe selon votre profil.
Les questions fréquentes
À quel âge peut-on sortir de son PER ?
Dès la liquidation de votre pension de retraite, ou dès l’âge légal de départ s’il est atteint avant. Depuis la suspension de la réforme des retraites par la loi de financement de la sécurité sociale pour 2026, cet âge est de 62 ans et 9 mois pour les assurés nés entre 1963 et le 31 mars 1965, de 63 ans pour ceux nés d’avril à décembre 1965, puis il remonte d’un trimestre par génération jusqu’à 64 ans pour les assurés nés à partir de 1969. Avant, seuls les cas de déblocage anticipé prévus par la loi permettent de sortir.
Comment est imposée une sortie en capital du PER ?
La part de vos versements déduits est ajoutée à vos revenus et imposée au barème, sans abattement de 10 % ni prélèvements sociaux. La part des gains paie 31,4 % : 12,8 % d’impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux, ou le barème sur option. Les versements non déduits, et ceux faits à partir de 70 ans depuis 2026, ressortent exonérés d’impôt sur le revenu. L’épargne salariale aussi : seuls ses gains supportent les prélèvements sociaux.
Vaut-il mieux sortir du PER en une fois ou en plusieurs fois ?
En plusieurs fois si vous pouvez attendre : chaque retrait reste dans vos tranches basses. Mais en une fois, vous pouvez demander le système du quotient, que l’administration admet pour le capital d’un PER quel que soit son montant : seul le quart de la somme s’ajoute à vos revenus. Pour un couple à 25 000 € de pensions qui retire 150 000 € de versements déduits, l’impôt sur le revenu passe ainsi de 38 326 € à 16 832 €, contre 15 884 € en cinq retraits.
Peut-on prendre une partie en capital et le reste en rente ?
Oui, pour les versements volontaires et l’épargne salariale : la loi permet le capital, la rente ou un mélange des deux, compartiment par compartiment, sauf si vous avez opté de manière irrévocable pour la rente à l’ouverture du plan. Les cotisations obligatoires d’un PER d’entreprise sortent en rente uniquement.
Comment déclarer une sortie en capital d’un PER ?
L’année suivante, la part de vos versements déduits se déclare en case 1AI (1BI pour le second déclarant) et la part des gains en case 2TZ. Si vous retirez tout en une fois et voulez le système du quotient, reportez la part des versements ligne 0XX de la déclaration 2042 C, à la place de la case 1AI. Les montants sont communiqués par votre assureur et le plus souvent pré-remplis.
Peut-on ouvrir un PER une fois à la retraite ?
Oui. La loi ne fixe aucune limite d’âge, et les versements faits après le départ à la retraite sont disponibles immédiatement. Ils sont déductibles jusqu’à la veille de vos 70 ans, dans un plafond de 4 710 € en 2026 pour un retraité, plus les plafonds non utilisés des années précédentes. Certains contrats refusent toutefois les retraités : parmi ceux que nous suivons, le Linxea Apicil PER et, selon Altaprofits, l’e-PER Generali, tandis que le Meilleurtaux Liberté PER les accepte jusqu’à 75 ans.
Que se passe-t-il si la rente de mon PER est trop faible ?
Si la rente calculée ne dépasse pas 110 € par mois, l’assureur peut, avec votre accord, la racheter et vous verser un capital à la place, à la liquidation ou en cours de versement (article A160-2 du code des assurances). C’est la seule sortie en capital possible pour les cotisations obligatoires d’un PER d’entreprise. Ce capital est imposé au barème, sans abattement, et l’option pour le prélèvement de 7,5 % n’est pas ouverte aux PER.
Comment se calcule la rente d’un PER ?
L’assureur répartit votre capital sur la durée de versement qu’il anticipe : il applique une table de mortalité, qui mesure votre espérance de vie selon votre âge, et un taux technique, le rendement qu’il s’engage à vous reverser. Plus vous liquidez tard, plus la rente est élevée ; les options de réversion ou d’annuités garanties la réduisent. Demandez une estimation chiffrée à votre assureur et comparez avec un autre PER : le transfert est gratuit à partir de l’âge légal.