Rachat d’assurance vie : récupérer votre argent vite, et sans payer trop d’impôt

Une assurance vie n’est pas un compte bloqué : en 2025, les assureurs ont versé 141,5 milliards d’euros à leurs clients et à leurs bénéficiaires, rachats et capitaux décès compris. Vous pouvez en retirer une partie ou la totalité à tout moment : c’est ce qu’on appelle un rachat, et la loi oblige l’assureur à payer sous deux mois. Ce qui varie, c’est le délai réel pour toucher l’argent, la part d’impôt prélevée au passage et ce que vous perdez en fermant le contrat. Voici les règles 2026 lues dans le code des assurances et le code général des impôts, les délais de six contrats en ligne, l’alternative de l’avance, et un simulateur qui calcule ce que vous toucherez vraiment.

Délai de paiement, rachats programmés, avance : les contrats ne se valent pas le jour où vous retirez. Notre comparateur classe 18 assurances vie selon votre profil et vos frais réels.

Comparer les assurances vie →

L’essentiel en 30 secondes

  • Votre argent est disponible à tout moment : rachat partiel pour une partie, rachat total pour tout, ce qui ferme le contrat. Les « 8 ans » ne bloquent rien, ils ne changent que l’impôt.
  • L’assureur a deux mois au plus pour payer. En pratique, quelques jours sur un contrat en ligne, quelques secondes avec un rachat instantané.
  • Seuls les gains sont imposés, au prorata : sur 10 000 € retirés d’un contrat qui compte 20 % de gains, 2 000 € passent par l’impôt.
  • Après 8 ans, 4 600 € de gains par an sans impôt sur le revenu (9 200 € pour un couple). Les prélèvements sociaux de 17,2 % restent dus, mais ceux du fonds euros sont déjà payés.
  • Ne fermez pas un vieux contrat sans y réfléchir : vous perdriez sa date fiscale. Un rachat partiel ou une avance font souvent mieux.

Rachat partiel ou rachat total : ce que vous retirez vraiment

Un rachat partiel retire une somme du contrat, qui continue de vivre : sa date d’ouverture, l’épargne restante et la clause bénéficiaire ne bougent pas. Un rachat total retire tout et met fin au contrat : c’est une clôture. Dans les deux cas, vous ne « vendez » rien à personne : l’assureur vous verse la valeur de rachat de votre épargne.

Cette valeur de rachat, c’est ce que vaut le contrat le jour où l’assureur traite votre demande : vos versements, plus les intérêts du fonds euros et la valeur des unités de compte, moins les frais déjà prélevés. Sur le fonds euros, elle ne peut pas baisser. Sur les unités de compte, elle suit les marchés : l’assureur garantit le nombre de parts, pas leur prix.

Des frais de rachat à zéro sur les contrats en ligne

La loi plafonne l’indemnité de rachat à 5 % de l’épargne et l’interdit après dix ans de contrat (article R132-5-3 du code des assurances). Seule exception, depuis 2024 : certaines unités de compte investies en actifs non cotés peuvent supporter jusqu’à 10 ou 20 %. Les contrats en ligne n’en prélèvent aucune, pas plus que la plupart des contrats bancaires récents. Seuls certains supports peu liquides gardent une pénalité de sortie : sur Meilleurtaux Liberté Vie, par exemple, 3 % pour une SCPI revendue dans les trois ans et 5 % pour un fonds de capital-investissement dans les cinq ans.

Rachat total : ce que vous perdez en fermant

Fermer un contrat, c’est perdre son antériorité fiscale : sur un nouveau contrat, le compteur des 8 ans repart de zéro. Pour un contrat ouvert avant le 20 novembre 1991, c’est aussi renoncer à un régime de transmission qui n’existe plus, détaillé dans notre guide assurance vie et succession. Si vous avez besoin de presque tout, retirez tout sauf le minimum exigé par le contrat : 100 € sur Digital Vie Prime ou Yomoni Vie, 300 € sur Green-Got, 500 € sur Linxea Spirit 2 ou Meilleurtaux Liberté Vie. La date reste acquise pour vos futurs versements.


Votre argent est-il bloqué ? Quatre exceptions

« Assurance vie bloquée 8 ans » : c’est la confusion la plus répandue. Le cap des 8 ans ne concerne que la fiscalité. Le rachat est un droit inscrit à l’article L132-21 du code des assurances, et l’assureur ne peut pas vous le refuser. Il n’est limité que dans quatre situations :

  • Un bénéficiaire a accepté la clause. Avec votre accord, un bénéficiaire peut accepter le bénéfice du contrat de votre vivant. Dès lors, tout rachat exige son consentement écrit (article L132-9).
  • Le contrat garantit un prêt. Nanti ou délégué au profit d’une banque, il ne se rachète en général qu’avec l’accord du créancier, selon l’acte de garantie ; certains contrats refusent aussi les rachats programmés sur un contrat nanti.
  • Un support est temporairement illiquide. Une SCPI, un fonds de capital-investissement ou un fonds immobilier peut suspendre ses rachats ou appliquer une pénalité. Le reste du contrat reste disponible.
  • Une mesure exceptionnelle de la loi Sapin 2. En cas de menace grave sur le système financier, le Haut Conseil de stabilité financière peut limiter temporairement le paiement des rachats, par périodes de trois mois et pour six mois consécutifs au plus (article L631-2-1 du code monétaire et financier). À notre connaissance, ce pouvoir n’a jamais été activé.

Deux contraintes pratiques s’y ajoutent sur certains contrats : pas de rachat partiel pendant les 30 jours du délai de renonciation (c’est le cas sur Linxea Spirit 2, Yomoni Vie, Digital Vie Prime ou Altaprofits Vie), et un montant minimum par rachat, de 100 € sur Digital Vie Prime ou Linxea Avenir 2 à 1 500 € sur Altaprofits Vie.


Fiscalité du rachat : seuls les gains sont imposés

Un rachat n’est jamais imposé sur la totalité de la somme retirée. Il contient une part de vos versements, qui vous est rendue sans impôt, et une part de gains, la seule imposable, dans la même proportion que le contrat entier. La formule : gains imposables = montant retiré × gains du contrat ÷ valeur du contrat.

Schéma

Sur 10 000 € retirés, seuls 2 000 € de gains passent par l’impôt

Un contrat de 100 000 € alimenté par 80 000 € de versements contient 20 % de gains : chaque rachat en contient autant.

Vos versements, rendus sans impôt : 8 000 €Gains, seule part imposable : 2 000 €
2 000 €de gains imposables dans un rachat de 10 000 € : 10 000 × 20 000 ÷ 100 000
23 000 €retirables chaque année sans impôt sur le revenu après 8 ans, pour une personne seule : 4 600 € de gains, à 20 % de gains par euro retiré

À retenir : ce n’est pas le montant retiré qui compte, c’est la part de gains qu’il emporte. Plus un contrat a rapporté, plus chaque euro retiré en contient.

Source article 125-0 A du code général des impôts ; BOFiP BOI-RPPM-RCM-20-10-20-50, § 80 à 95 (calcul des produits d’un rachat partiel).Lecture un couple soumis à imposition commune dispose de 9 200 € d’abattement : 46 000 € de rachat sur le même contrat, sans impôt sur le revenu.

Le prorata se calcule sur l’ensemble du contrat, pas sur le support que vous vendez. Désinvestir en priorité un fonds en perte ne réduit donc pas l’impôt du rachat. Et si vous avez déjà fait des rachats partiels, l’assureur tient compte de la part de versements qu’ils ont déjà remboursée.

Avant 8 ans : 12,8 % d’impôt et 17,2 % de prélèvements sociaux

Les gains retirés d’un contrat de moins de 8 ans supportent le prélèvement forfaitaire unique : 12,8 % d’impôt sur le revenu et 17,2 % de prélèvements sociaux, soit 30 %. Vous pouvez opter pour le barème progressif, intéressant si votre taux marginal d’imposition est de 0 ou 11 %, mais l’option vaut pour tous vos revenus de placement de l’année. Les primes versées avant le 27 septembre 2017 se trouvent forcément, en 2026, sur des contrats de plus de 8 ans : leurs gains sont imposés à 7,5 % après l’abattement, ou au barème.

Après 8 ans : l’abattement annuel

À partir du 8e anniversaire du contrat, les gains retirés profitent d’un abattement annuel de 4 600 €, ou 9 200 € pour un couple marié ou pacsé soumis à imposition commune, tous contrats confondus. Au-delà, ils sont imposés à 7,5 % tant que vos primes non encore remboursées au 31 décembre précédent, sur l’ensemble de vos contrats, ne dépassent pas 150 000 € ; c’est un seuil personnel, et la fraction des gains qui dépend des primes au-delà est imposée à 12,8 %. Les prélèvements sociaux de 17,2 % s’appliquent toujours, abattement ou non.

Âge du contrat au rachatImpôt sur les gainsPrélèvements sociaux
Moins de 8 ans12,8 % (ou barème sur option)17,2 %
8 ans et plus, sous l’abattement0 % jusqu’à 4 600 € de gains par an (9 200 € en couple)17,2 %
8 ans et plus, au-delà7,5 % (12,8 % pour la part liée aux primes au-delà de 150 000 €)17,2 %

Les prélèvements sociaux, déjà payés sur le fonds euros

La loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 a porté les prélèvements sociaux à 18,6 % sur la plupart des revenus du capital, mais l’assurance vie en est restée exclue : 17,2 %. Sur le fonds euros, ils sont retenus chaque année au moment où les intérêts sont inscrits au contrat, et ne sont pas prélevés une seconde fois au rachat. Sur les unités de compte, ils ne sont dus qu’au rachat, sur la part de gains.

Ce qui est retenu tout de suite, ce qui est régularisé l’année suivante

Au moment du rachat, l’assureur retient un acompte d’impôt sur la part de gains : 12,8 % avant 8 ans, 7,5 % après, calculé sans tenir compte de l’abattement, plus les prélèvements sociaux encore dus. L’impôt définitif est calculé l’année suivante, avec votre déclaration de revenus : l’abattement s’y applique, l’acompte est déduit, et l’excédent vous est restitué. Un rachat après 8 ans sous l’abattement coûte donc 7,5 % des gains pendant quelques mois, rendus à l’été suivant. Si le revenu fiscal de référence de votre foyer, deux ans plus tôt, est inférieur à 25 000 € (50 000 € pour un couple), vous pouvez demander à être dispensé de l’acompte, par une attestation sur l’honneur jointe à la demande de rachat ; les prélèvements sociaux restent dus. Dernier point : les gains rachetés entrent dans votre revenu fiscal de référence, qui sert au calcul de certaines aides et exonérations. Notre guide de la fiscalité de l’assurance vie détaille chaque régime.


Les cas où le rachat échappe à l’impôt

Quelle que soit l’ancienneté du contrat, les gains d’un rachat sont exonérés d’impôt sur le revenu lorsqu’il fait suite à l’un de ces événements, qui vous concernent vous ou votre conjoint ou partenaire de PACS (article 125-0 A du code général des impôts) :

  • un licenciement, avec inscription comme demandeur d’emploi ; une rupture conventionnelle ou une fin de CDD n’y donnent pas droit ;
  • une mise à la retraite anticipée ;
  • une invalidité de 2e ou 3e catégorie ;
  • la cessation d’une activité non salariée à la suite d’un jugement de liquidation judiciaire.

Le rachat doit intervenir au plus tard le 31 décembre de l’année qui suit l’événement. Les prélèvements sociaux restent dus. Signalez le motif à l’assureur avec un justificatif (lettre de licenciement, notification d’invalidité, jugement), et faites valoir l’exonération sur votre déclaration de l’année suivante si un acompte a été retenu.


Simulateur : ce que vous toucherez vraiment

Indiquez la valeur de votre contrat, ce que vous y avez versé et la somme à retirer. Le simulateur calcule la part de gains, ce que l’assureur retient tout de suite, l’impôt définitif de l’année suivante, et ce que vous pouvez retirer sans impôt sur le revenu.

Hypothèses : règles fiscales 2026 ; versements faits depuis le 27 septembre 2017, nets des rachats passés ; aucun autre rachat dans l’année ; prélèvement forfaitaire de 12,8 % avant 8 ans (sans l’option pour le barème) ; vos versements sur ce contrat sont vos seules primes d’assurance vie pour le seuil de 150 000 €. « Surtout fonds euros » : les prélèvements sociaux ont été retenus chaque année ; « surtout unités de compte » : ils sont dus au rachat.

100 000 €
80 000 €
10 000 €
Âge du contrat
Votre foyer fiscal
Où est votre épargne ?

Le jour du rachat

Part de gains…
Acompte d’impôt retenu…
Prélèvements sociaux retenus…
Versé sur votre compte…

L’année suivante

Abattement appliqué…
Impôt définitif…
Restitution…
Net final du rachat…
…

…

Trouver un contrat sans frais de rachat →

Avec les réglages par défaut, un rachat de 10 000 € sur un contrat de plus de 8 ans investi en unités de compte, l’assureur retient 150 € d’acompte et 344 € de prélèvements sociaux : 9 506 € arrivent sur votre compte. Les 2 000 € de gains tiennent dans l’abattement : les 150 € vous sont rendus l’année suivante. Le même rachat sur un contrat de 5 ans coûterait 256 € d’impôt définitif.


Délai : quand l’argent arrive sur votre compte

La loi fixe un plafond : l’assureur verse la valeur de rachat dans un délai qui ne peut excéder deux mois (article L132-21 du code des assurances). Au-delà, les sommes dues produisent de plein droit des intérêts au taux légal majoré de moitié pendant deux mois, puis au double du taux légal : au second semestre 2026, 10,26 % puis 13,68 % par an. Le délai court à partir d’une demande complète : une pièce manquante le suspend.

Dans les faits, les contrats en ligne paient bien plus vite, et ceux de Spirica proposent même un rachat instantané par virement immédiat. Voici ce qu’annoncent six contrats que nous avons étudiés.

Tableau

Le rachat instantané vire l’argent en quelques secondes, la loi tolère deux mois

Délai de paiement et montant minimum d’un rachat partiel, selon les conditions publiées par chaque contrat en septembre 2026. Aucun ne prélève de frais de rachat.

Contrat (assureur)Délai annoncéRachat partiel minimum
Meilleurtaux Liberté Vie
Spirica
Immédiat en rachat instantané, sinon effet à J+3 ouvrés500 €
Linxea Spirit 2
Spirica
Immédiat en rachat instantané, sinon 30 jours au plus500 €
Green-Got
Generali
2 à 5 jours ouvrés500 €
Altaprofits Vie
Generali
Valeur retenue au plus tard au 5e jour ouvré1 500 €
Yomoni Vie
Suravenir
7 à 9 jours ouvrés en moyenne, 30 jours au plus100 €
Linxea Avenir 2
Suravenir
30 jours au plus100 €

À retenir : pour un besoin urgent, le rachat instantané de Spirica crédite votre compte tout de suite, dans la limite de 60 % de l’épargne sur les supports éligibles et de 20 000 € sur trois mois glissants.

Source conditions générales, notices et pages officielles des contrats, relevées pour nos fiches en septembre 2026 ; article L132-21 du code des assurances.Lecture les délais annoncés courent à partir d’une demande complète ; la loi reste la limite : deux mois.

Pour les unités de compte, le montant exact n’est connu qu’au désinvestissement : l’assureur retient la valeur des parts à une date fixée par les conditions générales, quelques jours ouvrés après la réception de la demande. Entre votre clic et cette date, les marchés peuvent bouger. Si la somme doit être exacte, prévoyez une marge, ou sécurisez d’abord la somme sur le fonds euros par un arbitrage.

Deux contrats sans frais de rachat qui proposent le rachat instantané en ligne, avec un fonds euros et des ETF.

Ouvrir un contrat Linxea Spirit 2 → Ouvrir un contrat Meilleurtaux Liberté Vie →

Faire une demande de rachat, étape par étape

  1. Choisissez le rachat partiel ou total, et le montant. Pour garder la date fiscale du contrat, préférez un rachat partiel qui laisse le minimum exigé.
  2. Choisissez les supports à désinvestir. À défaut, l’assureur répartit le rachat entre vos supports au prorata. Puisque l’impôt dépend des gains de tout le contrat, ce choix ne change pas la fiscalité : il change seulement ce qui reste investi.
  3. Faites la demande dans votre espace client : c’est le plus rapide sur les contrats en ligne. Sinon, un formulaire ou une lettre signée, avec une copie de votre pièce d’identité et un RIB à votre nom.
  4. Signalez un motif d’exonération si vous en avez un (licenciement, invalidité, mise à la retraite anticipée, liquidation judiciaire), justificatif à l’appui.
  5. Gardez l’avis d’opération que l’assureur envoie : il détaille la part de gains et les sommes retenues. Il servira à vérifier la déclaration préremplie l’année suivante.

Rachats partiels programmés : un complément de revenu

Plutôt que de retirer une grosse somme, vous pouvez demander un rachat partiel programmé : un virement fixe chaque mois, trimestre ou année, que vous modifiez ou arrêtez quand vous voulez. C’est la façon la plus simple de tirer un revenu d’un contrat sans le fermer. Les seuils d’accès varient : 100 € par retrait dès 5 000 € d’encours sur Linxea Spirit 2, 25 € par mois sur Digital Vie Prime (contrat de plus de 1 000 €, sans versements programmés en cours), 100 € par mois au-delà de 5 000 € sur Fortuneo Vie, 100 € par mois dès 15 000 € sur Meilleurtaux Liberté Vie, 150 € par mois sur Altaprofits Vie, uniquement depuis un fonds euros d’au moins 3 000 €.

Bien calibrés, ces rachats restent sous l’abattement. Sur un contrat de plus de 8 ans qui compte 20 % de gains, une personne seule peut retirer 23 000 € par an, soit environ 1 900 € par mois, sans impôt sur le revenu. Revoyez le montant chaque année : la part de gains augmente à mesure que le contrat vieillit.


L’avance : de l’argent sans rachat

L’avance est un prêt que vous consent l’assureur, garanti par votre épargne. Votre contrat reste intact et continue de travailler ; vous remboursez la somme, avec des intérêts, dans un délai fixé. Comme ce n’est pas un rachat, elle n’est pas imposée. Sur les contrats que nous suivons, elle va en général jusqu’à 60 % de la valeur de rachat, pour trois ans renouvelables une fois, six mois au moins après l’ouverture. Chez Fortuneo Vie, elle démarre à 500 € avec un taux indicatif de 4,00 % en 2026 ; sur Meilleurtaux Liberté Vie, à 2 000 €, au taux moyen des emprunts d’État plus un point. Attention : un bénéficiaire acceptant doit aussi donner son accord à une avance.

Comparatif

Pour un besoin temporaire, l’avance garde votre épargne intacte ; pour un besoin définitif, le rachat est plus simple

Les deux façons de sortir de l’argent d’une assurance vie, face à face.

Rachat partiel

  • L’argent sort définitivement du contrat
  • Impôt sur la part de gains, après abattement si le contrat a 8 ans
  • Aucun coût s’il reste sous l’abattement
  • Aucun remboursement à prévoir

Avance

60 %de la valeur du contrat, en général, pour trois ans
  • Prêt de l’assureur : l’épargne reste investie
  • Pas d’impôt, la date fiscale est intacte
  • Des intérêts à payer, et un remboursement à l’échéance

À retenir : l’avance a du sens avant 8 ans, quand un rachat serait taxé à 30 % sur les gains, ou pour un besoin de trésorerie que vous rembourserez.

Source règlement des avances de Fortuneo Vie (mars 2026), conditions générales de Digital Vie Prime (Suravenir) et de Meilleurtaux Liberté Vie (Spirica) ; BOFiP BOI-RPPM-RCM-20-10-20-50.Lecture une avance non remboursée peut être requalifiée en rachat par l’administration fiscale : elle doit rester un prêt.


Cinq erreurs qui coûtent cher

1. Fermer un vieux contrat pour un besoin ponctuel

Un rachat total efface la date fiscale. Si vous rouvrez un contrat plus tard, il vous faudra attendre de nouveau 8 ans pour l’abattement. Gardez toujours le minimum sur un contrat ancien.

2. Racheter quelques mois avant le 8e anniversaire

Si le besoin peut attendre, attendez. Le même rachat qui coûte 12,8 % d’impôt sur les gains la veille du 8e anniversaire peut ne rien coûter le lendemain, sous l’abattement. Une avance peut faire le pont.

3. Laisser l’abattement inutilisé chaque année

L’abattement de 4 600 € ou 9 200 € se renouvelle au 1er janvier et ne se reporte pas. Un rachat qui l’utilise, puis un nouveau versement de la même somme, remet à zéro une partie de vos gains latents sans payer d’impôt sur le revenu : seuls les prélèvements sociaux sont dus. Attention : après 70 ans, ce nouveau versement relève du régime de succession moins favorable.

4. Vendre un fonds en perte pour réduire l’impôt

La part de gains d’un rachat se calcule sur tout le contrat, pas sur le support vendu. Choisir un fonds en perte ne réduit pas l’impôt ; cela vous fait seulement réaliser une perte au mauvais moment.

5. Racheter pour changer de contrat sans faire le calcul

Une assurance vie ne se transfère pas d’un assureur à un autre. La loi Pacte permet seulement de transformer un contrat en un autre chez le même assureur sans perdre l’antériorité. Pour un vieux contrat bancaire trop chargé, il vaut souvent mieux le garder et verser ailleurs, comme le montrent nos guides sur l’assurance vie Caisse d’Épargne et Crédit Agricole. Notre comparatif des frais d’assurance vie chiffre ce que coûte chaque point de frais.

Pour choisir un contrat à la fois peu chargé et souple au moment de retirer, voyez notre comparateur d’assurances vie ou notre classement des meilleures assurances vie 2026.


Questions fréquentes

Peut-on retirer l’argent d’une assurance vie à tout moment ?

Oui. Le rachat est un droit prévu par l’article L132-21 du code des assurances, avant comme après 8 ans : le cap des 8 ans ne change que l’impôt. Il n’est limité que si un bénéficiaire a accepté la clause, si le contrat est donné en garantie d’un prêt, si un support est temporairement illiquide, ou en cas de mesure exceptionnelle du Haut Conseil de stabilité financière (loi Sapin 2).

Quel délai pour recevoir l’argent d’un rachat d’assurance vie ?

La loi laisse deux mois au plus à l’assureur à compter de la demande complète ; au-delà, les sommes produisent des intérêts de retard au taux légal majoré de moitié, puis au double du taux légal. En pratique, les contrats en ligne paient en quelques jours ouvrés, et certains proposent un rachat instantané par virement immédiat dans la limite de 60 % de l’épargne éligible et de 20 000 € sur trois mois.

Combien d’impôt paie-t-on sur un rachat d’assurance vie ?

Seule la part de gains contenue dans le rachat est imposée, au prorata des gains du contrat. Avant 8 ans : 12,8 % d’impôt sur le revenu (ou le barème sur option) et 17,2 % de prélèvements sociaux. Après 8 ans : abattement annuel de 4 600 € de gains (9 200 € pour un couple), puis 7,5 % jusqu’à 150 000 € de primes, et 17,2 % de prélèvements sociaux dans tous les cas.

Comment retirer de l’argent d’une assurance vie sans payer d’impôt ?

Après 8 ans, en limitant les gains retirés dans l’année à 4 600 € (9 200 € pour un couple) : sur un contrat qui compte 20 % de gains, cela représente 23 000 € de rachat (46 000 € pour un couple). Les prélèvements sociaux de 17,2 % restent dus, mais ils ont déjà été retenus chaque année sur le fonds euros. Un rachat qui suit un licenciement, une invalidité, une mise à la retraite anticipée ou une liquidation judiciaire est aussi exonéré d’impôt sur le revenu, quelle que soit la durée du contrat.

Faut-il déclarer un rachat d’assurance vie aux impôts ?

Oui, les gains rachetés figurent dans votre déclaration de revenus de l’année suivante. L’assureur vous adresse un imprimé fiscal unique et transmet les montants à l’administration, qui les préremplit : vous vérifiez, et vous cochez la case 2OP si vous préférez le barème progressif. L’acompte retenu lors du rachat est déduit de l’impôt définitif, et l’excédent vous est restitué.

Vaut-il mieux faire un rachat ou une avance sur son assurance vie ?

Pour un besoin temporaire, l’avance est souvent plus intéressante : c’est un prêt de l’assureur, sans impôt et sans toucher à l’épargne, généralement jusqu’à 60 % de la valeur du contrat pour trois ans, contre des intérêts. Pour un besoin définitif, le rachat partiel est plus simple et moins coûteux, surtout après 8 ans et sous l’abattement.

Faut-il clôturer son assurance vie après 8 ans ?

Rarement. Un rachat total ferme le contrat et fait perdre son antériorité fiscale : un nouveau contrat repartirait de zéro pour les 8 ans. Si vous avez besoin de presque tout, retirez tout sauf le minimum exigé par le contrat, souvent 100 à 500 € : la date fiscale reste acquise pour vos futurs versements.

Y a-t-il des frais pour retirer de l’argent d’une assurance vie ?

Rarement. La loi plafonne l’indemnité de rachat à 5 % de l’épargne et l’interdit après dix ans, sauf pour certaines unités de compte en actifs non cotés, et les contrats en ligne n’en prélèvent aucune. Restent quelques pénalités propres à des supports peu liquides, comme 3 % pour une SCPI revendue dans les trois ans sur certains contrats, et l’impôt sur la part de gains.

Un bon contrat se juge aussi le jour où vous retirez : sans frais de rachat, avec des rachats programmés et un paiement rapide. Notre comparateur classe les 18 assurances vie de notre sélection selon votre profil, vos supports et vos frais réels.

Comparer les assurances vie →
Antonin, fondateur de VosFinancesPerso.fr Il conçoit les comparateurs du site et vérifie les frais, rendements et conditions publiés auprès des établissements. Ce contenu est informatif et ne constitue pas un conseil personnalisé. En savoir plus sur l’auteur et la méthodologie.

Ce contenu est fourni à titre informatif uniquement et ne constitue pas un conseil juridique, fiscal ou en investissement. Règles vérifiées le 1er octobre 2026 sur Légifrance (articles L132-9, L132-21 et R132-5-3 du code des assurances, article 125-0 A du code général des impôts, article L631-2-1 du code monétaire et financier), le BOFiP (BOI-RPPM-RCM-20-10-20-50, BOI-RPPM-RCM-20-15, BOI-RPPM-RCM-30-20-10), la brochure de l’impôt sur le revenu 2026 et service-public.fr ; conditions des contrats relevées en septembre 2026 ; chiffres de marché France Assureurs. Pour un rachat important ou un contrat ancien, faites le point avec votre assureur ou un conseiller.

Certains liens présents sur ce site sont des liens d’affiliation. En cliquant et en ouvrant un compte, nous pouvons percevoir une commission, sans surcoût pour vous.